Introduction Liminaire et néanmoins préalable

Que les choses souayent claires: je n’ai rien contre ce pauvre Voltaire. J’ai fait figurer cette phrase en chute d’un de mes textes un jour et c’est devenu une sorte de tradition. En réalité je voulais appeler ce blog dont les articles étaient écrits aux commodités « Les pensées de Jaques Mairde », ou encore « Carnets du fondement ».

Quel est l’objet de ce site ? de parler de littérature, de sciences, de composition musicale et de métaphysique par l’angle de vue du petit bout de la lorgnette, par la petite porte de l’Histoire, à travers les yeux du badaud des rues. C’est donc une sorte de brouillon, de carnet de croquis destiné à accueillir les textes, dessins et morceaux de musique qui me passent par la tête.

Bienvenue, et bonne lecture. En cadeau, un des fameux articles “de merde”:

Je suis Jaques Mairde, professeur de Lettres françaises, compositeur de musique, passionné de sciences. Ah, et de temps en temps je marche dans la rue.

Que fais-je ? Fais-je seulement ? Question lancinante autant que rhétorique. À l’heure où je vous parle, sur un trône de fer, je fais.

C’est mon anniversaire et JE dépose un cadeau, anonyme et sans destinataire, une partie de moi que je lègue à qui veut la prendre, qui ne me sert guère. Non ce n’est pas mon membre mais force est de l’admettre et comme dirait Jean Pierre Koffe : « c’est d’la merde ! ».

Pourquoi cette œuvre ? Ne m’obligez pas à répondre par la grossière à une question somme toute inutile. Quelle est la raison d’être d’une œuvre d’art ? Capturer un temps, un moment pour les plus humbles, un endroit, une émotion. Sublimer une passion qui fait souffrir et souffrir, pour en distiller une puissance créatrice qui a poussé l’espèce humaine au sommet du réseau trophique.

Je sais ce que vous vous dites. Il prend son étron pour un prix nobel. Figurez-vous que la réciproque est vraie. Mais nous y reviendrons.

J’ai voulu pendant un temps (celui d’abaisser la lunette) appeler mon œuvre «  Les carnets du fondement » en hommage à ces deux grands adorateurs de la merde, Dostoïevsky et Rabelais. L’un faisait dans la plus noire diarrhée psychotique, l’autre dans le plus léger (le terme étant purement symbolique en l’occurence, la plus simple observation scientifique permettant de déduire aisément qu’un caca de géant est parfaitement massif, d’où l’élevage intensif des poussins-essuyeurs attesté dès cette époque par l’archéologie).

J’ai préféré rendre hommage à un individu presque ignoré aujourd’hui car enfin il est très mal vu de déféquer lorsqu’on est célèbre, à part dans le Show-biz.

Si j’écris ce pamphlet dans une telle position, si inconfortable soit-elle pour mon anus (les lecteurs de bandes dessinées opiniâtres me comprendront) c’est bien pour faire œuvre d’élévation intellectuelle et morale. Libéré de toute contingence sociétale dans ce lieu de chasteté (tout ça c’est stérile, on le sait), je puis me livrer sans vergogne à la liquidation. Tout doit disparaître. À Dieu, déchet de moi, away with you !

Sur ce trône de fer, rustre hanté par les songes

D’intermittent sommeil s’éveille une idée longue,

Me vient une pensée des plus sombres et hâtives

Qui n’aspire qu’à retomber, dernière hantise.

Trivial, certes. Mais non idiot. En effet, sur les portes de toilettes publiques, les idées fusent et s’envolent à jamais. Seuls persistent, témoins d’un long combat contre la propre intériorité de l’Homme, des fresques épiques retraçant les faits d’armes de ces glorieuses idées latrinaires :

« Nique ta mère”
“ACAB”
“l’enfer c les autres”
“les autres ils t’emmerdent”

L’on n’ira pas plus loin. Cependant arrêtons-nous un instant sur ce besoin quasi-viscéral de plagier Jean-Paul Sartre au moment de chier une daube: il doit forcément y avoir une explication logique. Je vous laisse la trouver.

Rimbaud avait compris, lui, s’il n’en parlait point, que la merde et les grands idéaux étaient d’une seule étoffe. Du bas vers le haut, et fatalement l’inverse. Il n’est aucune échappatoire.

Et vous allez voir, vous qui osez encore lire ces lignes malgré tous les efforts qui ont été faits pour vous en dissuader, que le thème de la défécation reviendra souvent. Ceux qui me reprocheraient l’effet de mode auraient bien tort : si j’ai beaucoup aimé Le charme discret de l’intestin de Giulia Enders, il ne m’a pas influencé en la matière (si je puis dire).




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